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Sacré Gérard

Il n'y a rien d'angoissant dans une page blanche ! C'est la page écrite, moi, qui aurait tendance à me faire peur, tous ces feuillets noircis, c'est impressionnant. C'est exactement cela : j'ai l'angoisse devant la page noire.


Gérard Depardieu


Gerard depardieu tel qu en lui meme m148763

Cela fonctionne aussi lors de la sieste

Aucune femme d'écrivain ne comprendra jamais que son mari travaille quand il regarde par la fenêtre.

Burton Rascoe

Je remercie sincèrement Burton Rascoe de confirmer ma théorie qu'un écrivain peut travailler sans un stylo en main. Pour ma part, je profite de mon sommeil pour m'adonner pleinement à l'écriture. A bon entendueur, moi je vais dormir...

L'écriture à haute voix

Avant le mal de tête d'après fêtes, je vous invite à découvrir ce texte de Roland Barthes. Roland barthes 02

 

"S'il était possible d'imaginer une esthétique du plaisir textuel, il faudrait y inclure l'écriture à haute voix. Cette écriture vocale (qui n'est pas tout à fait la parole), on ne la pratique pas, mais c'est sans doute elle que recommandait Artaud et que demande Sollers. Parlons-en comme si elle existait.

Dans l'antiquité, la rhétorique comprenait une partie oubliée, censurée par les commentateurs classiques : l'actio, ensemble de recettes propres à permettre l'extériorisation corporelle du discours : il s'agissait d'u, théâtre de l'expression, l'orateur-comédien « exprimant » son indignation, sa compassion, etc. L'écriture à haute voix, elle, n'est pas expressive ; elle laisse l'expression au phéno-texte, au code régulier de la communication ; pour sa part elle appartient au geno-texte, à la signifiance ; elle est portée, non pas par les inflexions dramatiques, les intonations malignes, les accents complaisants, mais par le grain de la voix, qui est un mixte érotique de timbre et de langage, et peu donc être lui aussi, à l'égal de la diction, la matière d'un art : l'art de conduire le corps (d'où son importance dans les théâtres extrême-orientaux).

Eu égard aux sons de la langue, l'écriture à haute voix n'est pas phonologique, mais phonétique ; son objectif n'est pas la clarté des messages, le théâtre des émotions ; ce qu'elle cherche (dans une perspective de jouissance), ce sont les incidents pulsionnels, c'est le langage tapissé de peau, un texte où l'on puisse entendre le grain du gosier, la patine des consones, la volupté des voyelles, toute une stéréophonie de la chair profonde : l'articulation du corps, de la langue, non celle du sens, du langage. Un certain art de la mélodie peut donner une idée de cette écriture vocale ; mais comme la mélodie est morte, c'est peut-être aujourd'hui au cinéma qu'on la trouverait le plus facilement. Il suffit en effet que le cinéma prennent de

très près le son de la parole (c'est en somme la définition généralisée du grain de l'écriture et fasse entendre dans leur matérialité, dans leur sensualité, le souffle, la rocaille, la pulpe des lèvres, toute une présence du museau humain (que les voix soient fraîches, souples, lubrifiées, finement granuleuses et vibrantes comme le museau d'un animal, pour qu'il réuisse à déporter le signifié très loin et à jeter, pour ainsi dire, le corps anonyme de l'acteur à mon oreille : ça granule, ça grésille, ça caresse, ça râpe, ça coupe : ça jouit."

 

Roland Barthes

Une vérité de Céline

La vérité, là, tout simplement, la librairie souffre d'une très grave crise de mévente.

Achetez un livre ? L'objet empruntable entre tous ! Un livre est lu, c'est entendu, par vingt… vingt-cinq lecteurs… ah si le pain ou le jambon, mettons, pouvaient aussi bien régaler, une seule tranche, vingt… vingt-cinq consommateurs ! Quelle aubaine !…

Le miracle de la multiplication des petits pains vous laisse rêveur, mais la multiplication des livres, et par conséquent de la gratuité du travail d'écrivain est un fait bien acquis.

Il est supposé, lui, l'auteur, jouir d'une solide fortune personnelle, ou d'une rente d'un très grand parti, ou avoir découvert (plus fort que la fusion de l'atome) le secret de vivre sans bouffer.

Seule la misère libère le génie… il convient que l'artiste souffre !… et pas qu'un peu !… et tant et plus !… puisqu'il n'enfante que dans la douleur !… et que la douleur est son maître !

 

Louis-Ferdinand Céline

Si je savais écrire...

Apprendre


Un beau jour, l’idée me vint que, si je savais écrire, je pourrais dire autre chose que ce que je pensais, et je me mis à essayer de le faire, avec tout ce qui s’était fixé dans ma mémoire, des lettres, des syllabes, des mots. (...) Peu à peu, je me mis à me persuader que l’écriture n’avait pas du tout été inventée pour ce que les grandes personnes prétendaient, à quoi parler suffit, mais pour fixer, bien plutôt que des idées pour les autres, des choses pour soi. Des secrets. (...) Je jouais aux secrets, voilà ce que personne ne pouvait savoir. Et c’était un jeu qui m’enflammait, d’abord parce qu’il me forçait à avoir des secrets. Puis à leur donner forme, comme si j’avais un correspondant, un ami, qui seul pouvait les comprendre, mes griffouillis. (...) C’est pour cet ami-là que je me pris à faire des progrès dans l’art de tracer des signes, que je montrais aux miroirs, où un autre moi-même faisait semblant de les lire. (...) Je crois encore qu’on pense à partir de ce qu’on écrit, et pas le contraire. (...) Moi, je ne fais des calculs que pour voir surgir sur le papier des chiffres, des nombres inattendus, dont le sens m’échappe, mais après quoi je rêve. J’écris comme cela des romans.

Louis Aragon

Premier billet du blog de Johann Dizant

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Découvrez ou redécouvrez le Marquis de Sade avec l’appropriation des aventures de Justine par Johann Dizant.

Le manuscrit original des Infortunes de la vertu a été durant la vie de Sade continuellement corrigé
par ce dernier. Pour les deux cents ans de sa mort, je vous présente la quatrième édition de : « Justine».

« Justine » est une actualisation de l’écrit du divin Marquis. Une des forces de cette nouvelle version
est incontestablement le souffle de vie qui est donné aux personnages. Une histoire épurée dans un
style allégé sans pour autant dénaturer l’œuvre de Sade. Cet écrit vous permettra d’entrer dans
l’univers complexe du divin Marquis. Cet ouvrage est accompagné d’une réflexion sur l’œuvre du
Marquis de Sade.

Johann Dizant fut intrigué par Sade dès son adolescence, il lui parut évident de prolonger le parcours
d’un écrivain, d’un philosophe, d’un poète, de cet athée qui trouva dans le vice un mal pour un bien.
En réécrivant l’œuvre majeure d’un homme qui bouscula une époque par un mode de pensée où le
vice l’emporta sur la vertu, Dizant redonne une vie aux aventures de Justine.

La sortie du livre est prévue pour décembre aux éditions Terriciaë.