Entre mes murs

« Confiné entre mes murs, j’ai rencontré un homme enfermé dans cette enveloppe charnelle.  Un être aigri, abîmé… il semblait si seul !  Nous avons pris le temps de nous asseoir, de nous découvrir, de mettre des mots, de construire des idées, de rire et de nous questionner sur notre avenir.

Moi qui pensais être éternel, face à cette pandémie, la réalité me rattrapait… je n’étais qu’un éphémère, un homme de passage, une vague en pleine mer !  Qu’avais-je fait de cette liberté ? Qu’avais-je fait de ce temps ? Qu’avais-je fait de mes rêves ? Qu’avais-je fait de cette vie ?

Pris par un sentiment d’étouffement, je me suis empressé d’ouvrir la fenêtre. Sur mes deux jambes asphyxiées, le soleil m’a pris dans ses bras, le vent m’a caressé le visage et mon âme s’est libérée. Le sens de la vie me paraissait évident. J’étais un maillon d’une chaîne, ma place était d’être là, être simplement là afin de protéger l’autre. Ce confinement m’offrait la chance de devenir, de me révéler et de construire une vie différente.

Quand je me suis retourné pour partager cet espoir avec cet homme… il n’y avait plus personne ! Entre mes murs, je n’étais cependant plus seul… nous étions tous ensemble dans cette aventure! »

Johann buste bxl 1

 

écriture Johann Dizant confinement coronavirus

Commentaires (1)

Pierre
  • 1. Pierre | 19/07/2020
"être simplement là afin de protéger l’autre." Protéger l'autre est une bonne raison d'être là. Mais n'est-ce pas aussi une façon détournée de se dire qu’être là pour soi n'est pas suffisant. Se refuser le droit de vivre pour soi.
Nos actes, seront-ils un jour à la hauteur pour justifier notre existence ?
Eux, ont pourtant le droit de vivre pour eux-mêmes en plus d'être protégé. Est-ce juste ?

"partager cet espoir" L'espoir est-il un ami ? N'est-ce pas le meilleur moyen de nous faire accepter un présent que nous n'aimons pas.
L'espoir d'être utile est bien triste, car il souligne l'inutilité au présent et le doute de l'utilité au futur.
L'envie d'être utile est en revanche pleine de joie.
La différence entre l'espoir et l'envie : la liberté.
La liberté de faire, d'avoir et d'être ce qu'on veut. Ici et maintenant.
La liberté : c'est ce que nous voulons et ce dont nous avons peur.

Les contraintes nous protèges de la peur de faire n'importe quoi et d'excuses pour n'être soit disant "pas encore à la hauteur".

Nous n'avons ni à avoir honte de nos envies ni à culpabiliser d'exister.

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